Une exposition exhume le patrimoine technique et audiovisuel de la RTS

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La Radiodiffusion télévision sénégalaise (RTS) a procédé au lancement de son projet “RTSART” matérialisé par une exposition qui donne un avant-goût du futur musée sur laquelle la chaîne publique est en train de travailler en partenariat avec l’artiste Kalidou Kassé.


Le vernissage de cette exposition a été présidé mardi par le ministre de la Culture et de la Communication Abdoulaye Diop, en présence d’un parterre de personnalités, des hommes et de femmes de médias notamment, ainsi que d’anciens de la RTS. 

Etaient également présents à cette cérémonie de lancement, des invités venus des “Ateliers du Sahel”, structure de l’artiste Kalidou Kassé, en plus de plusieurs autres partenaires de la RTS et de ce projet et d’autres partenaires.  

Cette exposition dénommée “Xarala”, qui signifie technologies de l’information et de la communication en langue nationale wolof, offre l’occasion d’exhumer le patrimoine technique et culturel contenu dans les archives de la RTS.  Elle s’inscrit dans le cadre d’un “devoir de mémoire’’ et correspond à un travail de “sauvegarde du patrimoine”, a déclaré son directeur artistique, le conservateur El Hadji Malick Ndiaye.   

L’exposition met en scène, dans le hall du triangle sud à Dakar, différents objets renseignant sur les ’’usages professionnels’’ qui ont ponctué l’histoire de la RTS, comme d’anciennes caméras “Betacam”, des enregistreurs “nagra”, mais aussi des micros, textes écrits et sons liés au métier de journaliste.  Il y a aussi ces images d’archives de grandes voix de la radio comme de la télévision nationale, Marguerite Thiam, Mansour Sow, Mamadou Malaye Diop, Oumar Seck, Sokhna Dieng et autres Babacar Diagne.  

“Ces archives sont les témoins d’une histoire des usages professionnels et documentent des pratiques socioculturelles. Elles sont les supports par lesquels ont transité des voix, des visages, des figures, des événements, des signes et des symboles qui ont raffermi les liens entre les différentes communautés du Sénégal”, a expliqué le directeur artistique de l’exposition. 

L’exposition “Xarala” a été montée à partir d’objets de patrimoine, d’archives photos et audiovisuelles, ces instruments de la radio et de la télévision transitant d’une ancienne valeur d’usage pour accéder à une valeur symbolique. Des objets qui ont “vu et écouté, capturé et consumé des éclats d’histoire et racontent des récits de vie politique et économique, sociale et culturelle”, explique El Hadj Malick Ndiaye.  

Le directeur de Radio Sénégal, Michel Diouf, au nom du directeur général de la RTS Racine Talla, a salué “tous ces hommes et femmes qui quotidiennement et inlassablement se sont évertués à faire de cette maison qu’est la radiotélévision publique la meilleure de l’environnement audiovisuel sénégalais”.  

“Ici, depuis 81 ans pour la radio, 48 ans pour la télévision, se sont côtoyés et se côtoient encore des hommes et des femmes, des visages connus ou inconnus, des voix, ici se croisent des destins, des itinéraires, des savoirs et des savoir-faire, et c’est le lieu de saluer la mémoire de tous ceux qui nous ont précédés dans la maison du Seigneur, ceux-là qui ont fait les beaux jours de cette maison, nous avons un devoir de mémoire vis-à-vis d’eux”, a-t-il dit. 

Cette exposition, qui “a changé le visage de la RTS, embelli l’espace avec ses couleurs”, a également ressuscite le passé pour le conjuguer au présent, dit-il.  “Il rassemble, redonne une vie et une âme à des objets du passé, inanimés et muets certes, mais ils vous parlent, regardent, interrogent votre présent et votre passé”, ajoute le directeur de Radio Sénégal. 

Le ministre de la Culture et de la Communication Abdoulaye Diop a félicité le directeur général de la RTS Racine Talla pour sa ’’vision’’, estimant que “c’est une leçon de morale qu’offre la RTS en saluant son passé constitué d’hommes et de matériels (…)”. L’exposition ’’Xarala’’ rend compte de “l’histoire d’une nation, d’une structure, d’un patrimoine commun”, a indiqué M. Diop selon qui “l’impulsion d’un musée est une inspiration particulièrement heureuse, parce que l’histoire du Sénégal se confond sans aucun doute avec celle de la RTS qui est la mémoire vivante de notre pays”.  

L’exposition “Xarala”, une partie du projet “RTS ART” démarre une aventure dont les autres volets concernent le “Musée de la RTS” et du “Triangle 4”.  Ce dernier sera une galerie à ciel ouvert construite avec des partenaires et voisins de la RTS, à savoir la Banque de l’Habitat du Sénégal (BHS), le CESAG (Centre africain d’études supérieures en gestion) le Conseil sénégalais des chargeurs (COSEC), mais aussi l’Institut islamique de Dakar, l’école Clémenceau, le ministère de l’Education nationale et La Poste. 

APS