Les médias africains invités à interagir avec leur public

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De l’envoyé spécial de l’APS : Alioune Diouf

Rabat (Maroc), 30 nov (APS) – Les médias africains doivent prendre le temps d’interagir avec le public, dans un nouveau contexte de réseaux sociaux, marqué par “une crise de confiance” à leur égard doublée d’une “forte pression”, a indiqué, vendredi, à Rabat, Mouhamed Douyeb, expert en médias et contenus des organisations.

“L’institution des médias subit une forte pression”, devenant la cible principale d’hommes politiques, de puissances économiques et de simples citoyens, qui scrutent leurs productions avec une attitude de méfiance, a dit M. Douyeb.

Il était l’un des formateurs d’un séminaire de la Fédération africaine des agences de presse africaines (FAAPA), qui se tient depuis lundi à Rabat (Maroc), sur le thème “Le journalisme en région, enjeux et défis”.

La confrontation entre le président américain Donald Trump et la presse de son pays, illustre selon lui cette “situation tendue” entre médias et hommes politiques.

“Les médias ne sont pas mes ennemis, ils sont les ennemis du peuple américain”, tweetait, en février 2017, le président américain, a rapporté Mohamed Douyeb, un ancien de l’Agence marocaine de presse (MAP).

Les médias sont “la cible la plus facile des dirigeants” et la pression que subissent les journalistes prévaut dans beaucoup de pays, y compris en Afrique. Elle ne vient pas du seul landernau politique. D’autres secteurs d’activité s’en prennent également aux médias, “comme si les médias ne peuvent pas se donner le luxe de se tromper”, a poursuivi le formateur.

Il a rappelé qu’en réponse au président américain, 350 organes de presse avaient écrit dans une chronique publiée dans le New York Times en août 2018 : “Dire avec insistance que les vérités que vous n’aimez pas sont de fake news, est dangereux pour l’âme de la démocratie”.

Pour lui, la société, y compris ceux qui critiquent les journalistes ont toujours besoin d’eux pour s’informer, “crédibiliser” leurs informations et éclairer le débat public. Ces informations n’ont pas la même valeur, quand elles sont lues dans un journal et dans les réseaux sociaux, a-t-il dit.

Le journaliste a “une belle carte à jouer”, en écoutant davantage son public, en jouant la transparence et en expliquant ses méthodes de travail. Il doit donner davantage la parole aux jeunes, faire plus d’investigation et “réduire la couverture institutionnelle”, en donnant la priorité aux activités qui ont “un plus grand impact sur la région” qu’il couvre, a-t-il préconisé.

Ils doivent être présents sur les réseaux sociaux, partager des publications et répondre aux interpellations, même si leur présence sur le web doit être encadrée de manière formelle .

L’étude d’audience est aussi un moyen d’avoir une idée de ce que le public pense du travail des médias, a pour sa part relevé Assouman Kouassi, formateur et journaliste à l’Agence ivoirienne de presse (AIP).