Médias : Le Cnra liste les dérives de “Teuss”, “Xalass”, “Petit Dej”…

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Le rapport annuel d’activités 2015 du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) a relevé un certain nombre de dysfonctionnements et de manquements au niveau de plusieurs chaines de télévisions sénégalaises et de stations de radios. Dans ce rapport intitulé «contenus audiovisuels : le défi de la régulation dans le contexte numérique», dont copie a été transmis ce jeudi 1er décembre 2016 au président de la République, le Cnra a vivement dénoncé «la diffusion de faits choquants ou de récits en termes crus, pouvant heurter nos valeurs et nos mœurs, à travers certaines émissions, notamment «Petit déj» (Walf Tv), «Entre Nous» (Sen TV et Zik Fm), «Xalass» (Rfm) et «Teuss» (Zik Fm).

Il dévoile en direct sa relation adultérine avec l’épouse de son papa

A titre d’exemple, il a évoqué la diffusion sur Walf Tv, au cours de l’émission «Petit Dej» du 4 juin 2015, entre 08 h10 et 08 h 41, d’un témoignage dans lequel l’intervenant s’est longuement exprimé sur la relation adultérine entretenue avec sa tante (l’épouse de son père), suivi de commentaires d’un goût douteux venant de l’un des animateurs de l’émission.

Le Conseil a aussi déploré, très fortement, dans les revues de presse, les dérives verbales, ponctuées de commentaires parfois tendancieux, en reprenant des titres ou des articles de la presse écrite qui peuvent porter atteinte aux Institutions et à la dignité de la personne humaine. A titre d’illustration, il a cité la radio Zik Fm qui, dans sa revue de presse du 27 mai 2015, a diffusé des propos insultants pouvant porter gravement atteinte à la vie privée, à l’honneur et à l’intégrité de la personne humaine. Sur Sen TV et sur Zik Fm, dans l’émission «Entre nous» du 30 mai 2015 à 15 h, des jeunes se disent fiers d’avoir des rapports sexuels avec des hommes ou des femmes mariés, poursuit le Cnra, qui a indiqué que la radio Zik Fm a diffusé, le 14 avril 2015, deux témoignages sur une tentative de viol et d’insoutenables sévices exercés sur un enfant. Ces témoignages étant ceux de la mère et de la victime.

Elle accuse sa famille de la contraindre à la prostitution

La Rfm, à la date du 15 avril 2015, a diffusé des propos attribués à une jeune mère célibataire, apparemment encore mineure, déjà victime de viol à l’âge de 10 ans. Elle y accuse sa très proche famille de la contraindre à des actes sexuels avec des personnes adultes, pour en tirer des moyens de subsistance.

La persistance des dérapages, des commentaires ne respectant ni la dignité humaine, ni la morale ni la vie privée, à travers des revues de presse occupe la troisième place dans ces dérives de la presse. La publicité déguisée dans certaines émissions, n’a pas été laissé en rade. Idem pour les conflits et tiraillements, entre opérateurs de l’audiovisuel, suivis parfois d’échanges de propos injurieux par médias audiovisuels interposés, déplore le Cnra.

Mauvaise qualité des programmes proposés

Babacar Touré et ses collaborateurs ont aussi déploré la qualité des programmes proposés. «Notre paysage audiovisuel se révèle riche d’un nombre significatif de chaînes de radiodiffusion, mais accuse un manque structurel de diversité et de créativité dans les programmes. Cette situation n’est pas favorable à une saine et stimulante émulation entre les professionnels, au grand dam du public destinataire de l’offre de contenus.

La promotion de «l’argent facile» déplorée

La promotion de «l’argent facile», sans respect des lois et règles qui régissent l’univers des jeux de hasard, notamment l’absence de dispositif juridique faisant foi de gains véritables dans les meilleures conditions, a aussi été pointée du doigt. Ensuite arrive la diffusion d’émissions de jeux sur des radios et télévisions sans aucune visibilité ni sur les effets «induits» de participation ni sur l’effectivité de la prise en charge juridique de ces jeux conformément à la loi en la matière. Dans ce même champ, il est fait état de la diffusion, par certaines télévisions, de spots publicitaires faisant la promotion de produits à usage dermatologique, aux vertus «éclaircissantes», sans précaution d’utilisation et dont l’usage pourrait avoir des effets néfastes sur la santé des consommateurs.

Le Cnra recommande ainsi aux professionnels de se conformer à la loi et d’éviter ces manquements listés.

Seneweb.com