Lancement de la série « Idoles » : Éveiller la société via la presse

1987
Un film sénégalais qui s’est appuyé sur la presse pour dénoncer les tares de la société a fini d’exister. La série «Idoles» qui sera diffusée sur les ondes de la 2STV et dont le lancement a eu lieu avant-hier, vendredi 28 octobre, a pour objectif d’engager les populations dans les règles d’éthique et de déontologie. Le film avait comme scénariste feue Aminata Sophie Dièye dont la mort a ralenti le tournage.
Avec cette scène où un ministre offre deux millions au directeur de publication du journal, «Idoles» dénonce d’une certaine manière les tares (notamment la corruption et pratiques assimilées) qui existerait plus ou moins dans le milieu de la presse. Car, même si on a pu regarder qu’un seul épisode dans l’après-midi de ce vendredi 28 octobre, lors du lancement de la série qui s’appelle «Idoles», cela laisse soupçonner qu’à partir de ce geste, existeront «des articles sur commande». Et c’est justement par cette présentation qui donne une petite idée de ce qui suivra qu’on pourrait retrouver le sens du film.
Dans cette série, le réalisateur laisse entendre d’ailleurs qu’il s’agit de «dénoncer les tares de la société» en passant par la presse, quand on sait que la presse aussi fait partie de cette société. Sur ce, Pascal Traoré affirme que la presse est un «canevas où on peut regarder la société». Le film raconte aussi que le jeune Malick qui avait comme idole un journaliste dont il avait fini d’être l’employé, retrouve que ce n’est pas la bonne idole.
Dans la série «Idoles», il est sans doute question du respect des règles d’éthique et de déontologie dans les médias sans pour autant «tourner en dérision le travail journalistique» qui sert aussi à éveiller les consciences. Ce qui fait dire au professeur d’Ethique et de déontologie au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI), Sellé Seck, que la «fiction est une réflexion sur nos pratiques professionnelles» tout en bannissant le geste du ministre qui reflète un «conflit d’intérêt», une pratique, selon lui, «nocive» à la profession.
Et c’est parce que le film «cadre avec l’esprit» du Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (CORED) que son représentant, Abass Kane invite donc le réalisateur à tourner d’autres films toujours dans la presse par exemple sur la précarité, les revues de presse monnayées etc. pour arriver à la «bonne presse».
Le film qui sera diffusé sur les ondes de la 2STV, a été «parfaitement tourné, avec de belles images et une bonne technicité» pour reprendre les mots du directeur général de cette télévision, El Hadj Ndiaye. Il ajoute que «ce qui est important, ce n’est pas de faire le procès des journalistes» dans «Idoles», avant de poursuivre que «ce qu’on a vu, c’est la réalité dans la presse».
«Idoles» compte un peu moins de 52 épisodes et c’est un fruit de deux ans de travail au cours desquels, le réalisateur indique qu’il était confronté à des contraintes budgétaires. Et, le décès de la scénariste, Aminata Sophie Dièye, en milieu de tournage, et à qui il a d’ailleurs tenu à rendre hommage, s’est répercuté dans leur travail. Ainsi, avec cette première série sénégalaise sur la presse, qui parle aussi de l’amour, de la drogue, Even Production en appelle au respect des valeurs et à beaucoup plus de responsabilité dans la vie.
Sudonline