Médias au Burundi: Gildas Yihundimpundu et son chauffeur ont été libérés

2006

Au Burundi, le journaliste Gildas Yihundimpundu, arrêté dimanche alors qu’il était avec une consoeur américaine, Julia Steers, dans le quartier de Mutakura à Bujumbura, a été libéré ce lundi 24 octobre. La journaliste américaine a été immédiatement relâchée mais Gildas Yihudimpundu, et leur chauffeur, ont eux été placés en garde à vue au SNR, le Service national de renseignement. Gildas et son chauffeur sont désormais libres…

Le journaliste Gildas Yihundimpundu est donc libre mais la police lui demande de s’inscrire auprès du Conseil national de la communication, ce qui n’était pas le cas, comme l’explique le porte-parole de la police burundaise, Pierre Nkurukiyé.

Pierre Nkurukiyé : « Au moment où on avait libéré l’Américaine, lui, il disait qu’il était journaliste et le Conseil national de communication ne l’avait pas reconnu. La police a compris que c’est un journaliste mais qui ne s’est pas encore enregistré. Il semble qu’il était interrogé pour « tentative de destruction des preuves des crimes des insurgés.
Il a répondu à des questions qui lui ont été posées et c’est contenu dans un procès-verbal pour la suite…»

 Quelle suite, Monsieur ?

« Lorsqu’on fait les procès-verbaux, on ne les met pas dans des tiroirs ».

C’est-à-dire que Gildas n’est pas complètement tiré d’affaire ?

« Comment est-ce qu’il peut être complètement tiré d’affaire alors qu’on n’a pas toute la lumière sur ce que ces gens-là allaient faire là-bas ».

On n’a pas l’habitude depuis 2015 que les journalistes au Burundi soient bien traités.

« Comment ça ils ne sont pas bien traités ? »

En 2015, les radios indépendantes ont été détruites, beaucoup de journalistes ont été obligés de fuir, il y a eu des tortures sévères.

« Ce que vous dites, ça s’est passé où ? »

Chez vous au Burundi, Monsieur.

« Moi je vous demande quelle est la personne qui a été torturée et par qui ? Vous me dites qu’il y a eu des radios qui ont été détruites… Vous les appelez indépendantes, je ne sais pas sur quels critères. Vous savez, monsieur le journaliste, je suis également journaliste de formation et je sais distinguer un journaliste qui fait son travail de journaliste d’un militant politique ».

Par RFI