Rapport de la Cour des comptes : La gestion de l’aide à la presse (2008-2010) décriée

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La répartition de l’aide à la presse entre 2008 et 2010 ne s’est pas faite dans les règles de l’art. Du moins, c’est ce que révèle le rapport 2014 de la Cour des comptes publié hier.

La gestion de l’aide allouée à la presse entre 2008 et 2010 a fait objet de vérification. La Cour des comptes s’y est intéressée et a donné ses conclusions dans son rapport public annuel de 2014 présenté hier au cours d’une conférence de presse. Résultats : des dysfonctionnements ont été notés dans la répartition de cette allocation. La Cour des comptes a remarqué que les soumissionnaires à cette aide ne déposent pas des « dossiers tendant à démontrer qu’ils remplissent les critères édictés » qui ont trait au nombre de tirages par exemple pour la presse écrite et la diffusion sur au moins l’étendue d’une région administrative pour les organes audiovisuels. Il en est de même pour les modalités de modulations prévues pour tenir compte des charges réelles des organes de presse. Ce qui ne facilite pas la répartition et la rend même à la limite nébuleuse. Car, lit-on dans le rapport, « en 2008, on peut s’interroger sur l’allocation du même montant de 18 millions de F CFA au groupe Sud Communication et à l’hebdomadaire  Le Témoin »’. « De même, en 2009, le groupe Avenir communication et le journal Le Messager ont reçu chacun 10 millions. » Pourtant, le premier cité avait à cette époque plus de supports médiatiques avec une radio Première Fm, un magazine « Week-end » et un quotidien. Pour éviter de telles choses à l’avenir, les contrôleurs demandent au ministre en charge de la communication de « veiller au respect des critères d’éligibilité et de modulation applicables à la répartition de la subvention ».
Par ailleurs, les vérificateurs regrettent le « cadre juridique lacunaire » de l’aide à la presse.
« L’examen des dispositions relatives à la subvention à la presse laisse apparaître une inexistence d’encadrement précis de la destination de l’aide à la presse, l’absence de base légale pour l’octroi de l’aide aux correspondants régionaux et l’inexistence d’un arrêté portant octroi de subvention au centre d’enseignement des sciences et techniques de l’information (Cesti) », indique le rapport. En effet, dans la loi portant création de l’aide à la presse sont mentionnés les bénéficiaires de cette allocation. Mais les correspondants régionaux n’y sont pas cités. Ce serait Abdoulaye Wade qui aurait décidé en 2010 de les ajouter sur la liste des bénéficiaires sans pour autant modifier la loi. Ce qui entraîne des dérives graves dans sa gestion. « Pour la plupart des bénéficiaires, les fonds versés constituent une aide du président de la République pour laquelle aucun justificatif n’est attendu en retour », selon la cour des comptes. Alors que normalement, quiconque bénéficie de cet argent devrait en justifier son utilisation d’après les contrôleurs. Essayant de rectifier le tir, un arrêté ministériel indiquait que la somme versée à ces correspondants régionaux devait servir au fonctionnement des cybers espaces. Seulement, sur le terrain, il a été constaté que lesdits lieux ne sont pas fréquentés par les journalistes. Donc, restent inutiles. Dans certaines régions, les correspondants se partagent l’argent. « Les régions de Matam et de Saint-Louis sont les seules où le partage n’est pas systématique », d’après les vérificateurs. Quoi qu’il en soit, « dans la situation actuelle, l’utilisation de l’aide destinée aux correspondants régionaux est inadaptée et contreproductive », croit savoir le rapport.

Dakaractu