Rapport de la Cour des comptes (2008-2010): « Les abus du Cesti »

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Il est évident donc qu’il y a une absence d’actes réglementaires sur la destination de l’aide aux organes de presse. « Pour certains organismes de presse, la subvention allouée est intégrée au budget de fonctionnement ou d’investissement. Pour beaucoup d’autres, l’aide est versée dans des comptes privés autres que celui de l’organe bénéficiaire où elle peut faire l’objet d’utilisation difficilement contrôlable », regrettent les vérificateurs. Par conséquent, « il ressort de manière générale que l’utilisation de l’aide n’est pas contrôlée par la Direction de la communication et qu’elle peut ainsi servir à une destination étrangère à son objet », lit-on dans le rapport. Ainsi, il faut penser à réglementer la destination de ce subside mais aussi et surtout à « rappeler l’exigence de produire un compte d’emploi de la subvention allouée et faire de la production du compte d’emploi un préalable à l’obtention d’une nouvelle subvention ».
Concernant l’argent alloué au Cesti pour la formation, des « abus »’ ont été notés. Ils ont trait à l’absence d’un encadrement réglementaire et d’un suivi-évaluation. Le Cesti, écrit le rapport, considère, à tort, cette subvention comme « une ressource destinée à la fonction de service ». « Cette pratique doit cesser immédiatement », selon les vérificateurs. Car « l’aide de l’Etat destinée à la formation des journalistes est une subvention publique qui ne peut être considérée comme une ressource destinée à la fonction de service ». Aussi, est relevée une majoration très élevée de la rémunération des intervenants à cette formation. En effet, au moment où l’heure est payée à 7500 F CFA aux maîtres assistants à l’université, le Cesti paie à ces derniers qui assurent la formation des stagiaires de l’aide de la presse 17 000 F CFA. Il en est de même pour les vacataires qui perçoivent 10 mille F CFA l’heure en lieu et place de 5 500 F CFA.
Léthargie du comité consultatif

Dans le rapport, les vérificateurs regrettent aussi les lenteurs notées dans la gestion de la subvention à la presse mais aussi la léthargie du comité consultatif de la subvention aux organes de presse. Lequel comité doit être présidé par le directeur de la communication. Et c’est à ce comité de recevoir les demandes des organes de presse, de les examiner et de soumettre une liste de bénéficiaires au ministre. Cependant, ses « choix ne sont pas pris en compte » et c’est le ministre qui fait directement sa liste. « La Cour relève que le comité consultatif n’a pas pu remplir pleinement son rôle et que le ministre a outrepassé ses compétences », écrivent les contrôleurs.

Dakaractu