Surcharge de travail dans la presse

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Avant même le malaise de notre consœur Néna Aïcha Bâ de SENTV, on avait pensé à Transmediatik à un sujet sur la surcharge de travail dans la presse. Dans un premier temps cela a concerné surtout les animateurs. Ils ont suivi une tendance dans les médias comme en France, il s’agit de gérer à la fois des émissions à la radio et à la télé. Un jour nous avons entendu Pape Cheikh Diallo dire qu’il a reçu les conseils de Youssou Ndour qui lui demandait de beaucoup travailler et pourquoi pas d’allier des programmes à la télé et à la radio. Parallèlement, au niveau du groupe futurs médias comme dans d’autres groupes on multiplie les supports pour permettre aux animateurs d’être dans ce genre de projets. Seulement la différence avec ces pays de référence comme la France, les animateurs ne sont là-bas que la partie visible d’une grosse machine de production. D’ailleurs beaucoup d’émissions sont l’affaire des boîtes de production contrairement à nos radios et télés qui veulent remplir seules toute leur grille de programmes. L’autorité de régulation doit avancer quelques obligations dans ce sens, il y va de la qualité des programmes, de leur diversité mais c’est aussi un moyen de créer des emplois dans le domaine de la production audiovisuelle.

Ce qui se voyait avec les animateurs est devenu une réalité avec les journalistes. Prenons quelques exemples comme ça, Mouhamed Kandji vous présente « les échos du web » dans la matinale de Iradio, « Dakar Direct », il attend 9h pour présenter avec sa team une émission sur les faits divers (qu’est-ce qu’il fait là Mouhamed ?), après on l’entend dans la grande édition de midi pour la présentation du journal des sports sans compter parfois quelques appels téléphoniques pour alimenter le journal. Dans la même station, on peut entendre Antoine Diouf livrait le journal de 7h avant de revenir le soir pour l’édition de 21h45. Un autre cas dans le même groupe, Baba Ndiaye. Le bonhomme peut présenter le bulletin de 6h en wolof, donner la UNE des journaux, fait un tour sur Toc Toc Sénégal de ITV pour la UNE de la presse, revenir à la radio pour le journal de 08h30 qu’il boucle avec sa propre revue de presse. Cela c’est sans compter avec ses émissions à la télé notamment « Yes Week-end » et « Les Grandes Conférences » (LGC). A la SENTV, le journal Les ECHOS qui a donné l’info sur le malaise de Néné Aïcha Bâ, rappelle que cette dernière peut pour un après-midi faire le magazine L’Essentiel, présenter l’édition de 19h45 et enchaîner un débat le soir. Parfois c’est au pas de course que certains allient deux activités. Par exemple, Alassane Samba Diop qui est sur le plateau de ITV notamment dans Toc Toc Sénégal pour commenter l’actualité regarde sa montre parce qu’il doit descendre au niveau de Iradio pour animer ses débats quotidiens sur le coronavirus. Il faut le dire les journalistes sénégalais font beaucoup de choses à la fois. Gérer une rubrique quotidienne à la radio, avoir une émission à la télé, participer à la rédaction. Finalement on risque de passer à côté de la qualité.

Dans la presse on ne fait pas attention au temps de travail, la passion et l’engagement l’emportent sur des histoires de 8h de temps par jour. Mais il faut penser à la santé des uns et des autres et à la qualité du travail que nous devons livrer au public. Il y a des bras sur le marché de l’emploi même si parfois la qualité peut poser problème. Et c’est là où les rédactions doivent revenir sur leur rôle de formation, un prolongement de l’école avant le terrain.

Bon rétablissement à Néna Aïcha Bâ et courage à tout le monde.