Ceci n’est pas un cours de Sociologie des médias. C’est juste une petite réflexion nocturne

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À travers toutes ces émissions (débiles pour certaines personnes) que l’on vous propose, c’est la disponibilité du spectateur (important en publicité) qui est recherchée. L’aveu de l’ancien PDG de TF1, Patrick Le Lay, en 2004, est suffisamment édifiant : « le métier de TF1, c’est d’aider Coca -Cola, par exemple, à vendre son produit. Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le #divertir, de le #détendre pour le #préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible» .Ces dernières heures, j’ai lu de nombreuses réactions hostiles contre certaines chaînes de télévision et principalement, contre la #TFM. . Mais la question que pratiquement personne ne pose est : quel est le modèle économique qui fonde ces émissions ? Si vous arrivez à répondre à cette question, vous comprendrez mieux pourquoi c’est comme ça tous les ans au mois de Ramadan et aussi, pourquoi, chaque année, de nouvelles chaînes de télévision adoptent (copient) ce format tant décrié. Eh bien, il faut savoir que ça marche ! Pourquoi ? Parce que ces émissions sont montées avec un plan marketing béton qui se soucie peu de la qualité et donne une place importante à la rentabilité,. 1- Le serveur rapporte beaucoup d’argent,2- Les animateurs dont la présence sur le plateau semble contestée sont généralement ou parallèlement des commerciaux et apporteurs d’affaires qui vont, par conséquent, toucher des dividendes 3- Sur l’écritel, vous pouvez lire sur les bandeaux que les animateurs et autres “journalistes” sont habillés ou coiffés par telle ou telle enseigne. 4- Les invités sont choisis sur la base de leur capacité à drainer du monde 5- Les sujets abordés sont tirés des thèmes qui marchent le plus en terme d’audience dans pratiquement tous les pays (religion, sexe, faits divers, sport). Vous verrez rarement une émission aborder des questions de développement, l’économie, la protection de l’environnement ou des sujets d’intérêt public. 6- La vente d’espaces publicitaires explose car les audiences sont assurées. Lors du passage de Gana Messeré, la TFM a beaucoup communiqué sur les audiences sur YouTube, Facebook et autres réseaux sociaux. Ça rapporte de l’argent. Le serveur également. Le focus sur Touba Ca kanam a l’air d’une action commerciale. La preuve, un publirepirtage et une explication de texte ont été diffusés, la plateforme de transfert d’argent a rapidement “atteint ses limites” . Dans cet environnement de morosité économique qui caractérise la presse au Sénégal, ces chaînes n’ont que faire de nos lamentations. Peut-etre même que les responsables ont déjà répondu avec cette boutade :”si vous n’êtes pas contents, il faut zapper “. Zapper oui mais c’est presque pareil partout dans le privé. Il nous faut des médias alternatifs. C’est le moment pour la RTS, la Télévision publique, de jouer pleinement son rôle de service public de l’information. Il y a là une forte demande de production d’émissions de qualité pour prendre en charge les frustrés du vendredi soir ou des soirées du mois de ramadan. Elle a les ressources humaines, techniques et financières pour le faire. En témoignent les belles émissions sur la chaîne publique disparues des écrans du jour au lendemain ! Les producteurs indépendants sont également interpellés. Faites nous rêver. Il y a de la place pour.

Pr Mamadou Ndiaye, directeur des études du CESTI
(Page facebook)

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