Un journaliste formateur appelle les médias à “savoir comment parler” les questions de violence

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Tidiane Kassé, journaliste formateur, a appelé les professionnels de l’information à appréhender, analyser et savoir comment parler les questions de violence dans les médias, en allusion traitement des séries de violences enregistrées ces dernières semaines au Sénégal.

« Dans la couverture de ces phénomènes de violence, il faut savoir comment appréhender ces questions. Il faut savoir comprendre, analyser et savoir en parler. On peut parler de tout dans les médias, l’essentiel c’est de savoir comment. Il ne s’agit pas de parler des phénomènes de violence pour les exacerber, mais essayer d’y apporter des solutions », dit-il. 

Sur l’affaire Bineta Camara, 23 ans, retrouvée morte chez elle à Tamba, à l’est du Sénégal, M. Kassé a noté que les médias se sont « précipités » en parlant viol avant que cette thèse ne soit démentie par l’autopsie. « Une information, on ne l’a diffuse pas tant qu’elle  n’est pas vérifiée et avérée ». 

« Les médias doivent un peu atténuer leur position par rapport aux réseaux sociaux. Ces derniers peuvent faire une erreur et la rectifier dans la minute qui suit et ce n’est pas le cas pour la radio ou la télé. Les journalistes ont fauté quelque part et j’espère que les gens auront la sagesse de pouvoir en tirer une leçon », pense-t-il. 

M. Kassé s’exprimait à la fin d’un atelier de formation des journalistes professionnels et des étudiants du 27 au 29 mai, au sein de  l’École supérieure de journalisme, des métiers de l’internet et de la communication (EJICOM) portant sur le thème : « La violence, quel traitement par les médias ? ». 

L’usage des images ou mots choquants et du classement des informations concernant le viol ou la violence dans la rubrique des faits divers sont à revoir. L’importance d’une source fiable joue aussi un rôle déterminant dans le traitement de la violence par les médias, ont rappelé les formateurs. 

« J’ai retenu de cette formation que les journalistes doivent être conscients dans le traitement des informations liées notamment à la violence et éviter les prises de parties et les stéréotypes », a réagi Abdou Wahab Lo, étudiant en 2e année, pour qui, ce genre d’atelier est « important pour les journalistes professionnels et étudiants ».

PressAfrik

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