Pour la presse…

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Rien ne justifie les insinuations ou autres accusations qui peuvent pousser des gens à atteindre à l’intégrité physique des journalistes. Mais il faut oser dire que tout le laisser-aller dans la presse, tout le manque de professionnalisme, nous retombent aujourd’hui sur la tête avec un public qui manque encore de maturité pour une bonne lecture du fonctionnement des médias.

Dans presque partout dans le monde, la presse est souvent accusée à tort ou à raison d’être à la solde d’un camp en période électorale. Des médias proches d’un camp ou d’un autre relativement à des idéologies existent dans des grandes démocraties comme en France ou aux Etats-Unis. Chez-nous, les liens tournent autour de relations personnelles. On peut oui ou non le comprendre, l’étudier, en tout cas c’est une réalité. Madiambal Diagne est un ami de Macky Sall, il le défend dans son journal, « Les Lundis de Madiambal ». Les gens peuvent faire la part des choses entre le traitement de l’info dans Le Quotidien et les éditos du propriétaire. Cheikh Mbacké Guissé est le directeur de publication de Libération, c’est un soutien du pouvoir. Ce lundi matin à la fin de la revue de presse de l’Aps, on peut relever, « Libération fait comme si les jeux étaient déjà faits et affiche : “Macky II”. Le journal revient sur les détails des résultats provisoires par région, non sans se fait l’écho de la bataille des chiffres entre les deux camps ». C’est une position, un choix assumé.

Youssou Ndour est un partisan de Macky Sall, il a battu campagne à ses côtés. Mais cela ne signifie pas que les journalistes de son groupe de presse font la même chose. Bougane Gueye Dani est un opposant au pouvoir, cela ne doit pas signifier que les journalistes de D-média roulent pour son camp. Malheureusement tous les confrères n’ont pas la même compréhension de leurs rôles et responsabilités. Ici le PDG n’est pas le seul problème, Ahmed Aïdara fait dans la politique, son confrère Mame Mbaye Ndiaye qui se présente comme le « maire de Rufisque », le surnomme le « maire de Guédiawaye ».

Tout cela pour dire que certains doivent revenir à l’orthodoxie de la pratique du métier. Il appartient à la presse de faire le job mais pas un gouvernement qui cherchera toujours à exploiter la presse en sa faveur. Soyons solidaires face aux ennemis de la presse. On peut rappeler ici l’initiative du journal Boston Globe aux Etats-Unis qui avait invité des dizaines d’entreprises de presse à travers le pays pour leur demander de rédiger un éditorial dénonçant l’hostilité du président américain aux médias. Dénonçons les dérives de certains confrères, mettons les devant leurs responsabilités, pour une bonne compréhension du public de ce que nous faisons tous les jours pour la consolidation de la démocratie, pour la cohésion sociale…