Ni à Jeune Afrique, ni à Dakaractu, Cheikh Yérim Seck n’a laissé les empreintes d’un journalisme modèle

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Dans sa chronique hebdomadaire sur le site Seneplus.com, le journaliste, diplômé de Communication et de Sciences politiques, El Hadj Souleymane Gassama revient en partie sur le parcours de Cheikh Yérim Seck. Celui qui signe aussi dans le journal Le Quotidien avec le nom Elgas parle de l’histoire du viol de l’ancien de Jeune Afrique. Nous vous proposons ici un extrait de sa chronique :

« Du côté d’Auteuil, à Paris, la rédaction de Jeune Afrique a changé depuis le départ de Yérim. Elle a rajeuni. Le journal qui a longtemps été souillé par une image affairiste – associé à tort ou à raison à la voirie de Jacques Foccart, le pilier de la France-Afrique – tente une mue. Au fait des enjeux nouveaux, du boom démographique qui renouvelle un lectorat vigilant et offensif, du vœu des populations, le journal garde son prestige d’hebdomadaire des bureaux de l’élite intellectuelle africaine et évolue. Il s’adapte, innove, même si sa ligne reste étrangement passive, d’autre diraient à dessein ou pire.

Yérim Seck y a laissé un souvenir plus ou moins quelconque. Il a été dans la maison, au plus fort des soupçons contre le journal, vilipendé pour être à la solde de quelques satrapes nourriciers. Dans la grande critique contre ce journal, Yérim Seck était déjà une des cibles, à cause de ses accointances et de ses amitiés extra-professionnelles. Chez le programmateur de l’émission Afrique Presse à TV5, on garde un excellent souvenir. Christian Eboulé le dit encore avec des étoiles plein les yeux, il a aimé inviter ce garçon plein d’allant et d’éclats.

La décennie paraît bien lointaine, car peu se souviennent de cet âge d’or de Yérim à part son hôte camerounais. Ni un talent de plume, ni une enquête majeure, pas une science de l’analyse autre que la discussion sur des hommes, ni la perpétuation à l’échelle nationale d’un type de journalisme précurseur, ne semblent venir sa rescousse. Dakaractu.com, son premier site d’information, est venu, comme beaucoup d’autres sites en ligne, congestionner un espace saturé en décrédibilisant déjà une presse agonisante.

Dès lors, les nombreuses critiques disponibles sur le Net, parfois haineuses sur le bonhomme et son journalisme « putassier de jadis » qui lui aurait assuré une vie décente et un permis de polygamie, sont à considérer avec la distance qu’il faut. Si on ne peut ni les confirmer, ni les infirmer, on peut convenir que ni à Jeune Afrique, ni à Dakarcatu, il n’a laissé les empreintes d’un journalisme modèle. Et on a du mal à imaginer des étudiants du Cesti actuellement l’avoir en modèle ».

http://www.seneplus.com/opinions/yerim-hubris-orbi