Décès de Bruno Diatta ou quand la presse sénégalaise n’écrit pas l’histoire

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Quelques mots seulement de l’homme qui a été 40 ans durant le chef du protocole de la présidence de la République sénégalaise. La voix a été entendue sur la Rfm et c’était des mots tenus lors du décès de l’ancien ministre Djibo LeytiKâ. Pour voir les images de Bruno Diatta, il fallait être ce soir sur la Rts. Toutes les autres chaines se sont contentées de photos pour illustrer leur papier. La pauvreté de la documentation de nos médias est apparue au grand jour. Pour faire face tout le monde a fait la même chose : recueillir des témoignages. La télévision nationale a sauvé un peu l’honneur avec des images et les premiers mots du chef de l’Etat mais aussi de dignitaires de la République comme Ousmane Tanor Dieng ou Moustapha Niass. Sur le plateau de la Rts, son Directeur général Racine Talla a soutenu que c’est un peu difficile d’écrire, de fixer les mémoires d’un homme en mouvements. Et que le ministre Diatta leur avait promis une interview qui malheureusement n’aura pas lieu. Il est vrai que la discrétion légendaire de l’homme n’a pas facilité la tâche mais cela n’est pas une excuse car on peut se limiter sur son parcours avec des témoignages et des anecdotes en attendant d’avoir mieux. Les sites d’info se sont alignés sur les radios et télés, Seneweb a repris presque tous les témoignages enregistrés sur la Rfm.

En Europe, c’est peut-être une affaire de culture car là-bas les confrères mettent en boîte l’histoire et le parcours d’illustres personnalités qui sont au crépuscule de leur vie et de leur carrière. Avec 40 ans de service auprès de 4 chefs d’Etat cela vaut bien beaucoup de documentaires et de livres mais hélas ! Voilà pour dire qu’il est encore temps pour nos médias de participer à la conservation de l’histoire de ce pays avec de véritables contenus. On perd beaucoup d’énergie sur des questions sans lendemain.

Transmediatik.com