Sénégal : Reporters Sans Frontières dénonce l’intimidation de journalistes qui rapportent des faits de corruption

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En matière de liberté de la presse, le Sénégal n’est pas un bon élève, selon le rapport 2018 de l’Ong Reporters Sans Frontières. La non-dépénalisation des délits de presse est conçu comme une épée de Damoclès sur la tête des journalistes.

Tout est dans le titre de la page réservée au Sénégal dans le rapport 2018 de Reporters Sans Frontières, parcouru par le journal “Les Echos” : “L’étau se resserre autour des journalistes”. Classé 50e au rang mondial, le Sénégal a perdu 1,11 point sur son score global qui passe de 26,72 en 2017 à 25,61 en 2018. Même si le pays a gagné 8 places par rapport au précédent classement.

Et pourtant RSF considère que le Sénégal est l’une des démocraties les plus stables du continent et dispose d’un paysage médiatique pluriel, avec la liberté de l’information garantie par la Constitution de 2001. “Les atteintes contre les journalistes se sont espacées ces dernières années, mais certains sujets restent tabous. Plusieurs médias ont été convoqués et intimidés pour avoir rapporté des faits de corruption. Les radios qui donnent la parole à des critiques du régime peuvent subir des pressions tandis que les journalistes sont susceptibles d’être condamnés pour diffamation, mais les cas sont très rares”, souligne le rapport.

RSF ajoute que “les médias sont de plus en plus pris en tenailles avec un code de la presse qui ne dépénalise pas les délits de presse et prévoit la saisie des supports de diffusion, la suspension ou la fermeture d’organe de presse en cas d’atteinte à la sécurité de l’Etat.
Le Sénégal est classé 8e pays africain derrière la Ghana, la Namibie, l’Afrique du Sud, le Cap-Vert, le Burkina…

PressAfrik