LE JOURNALISME : UN METIER D’AVENIR OU L’AVENIR DU METIER ?

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Le métier de journaliste consiste à collecter et ensuite vérifier des informations pour les porter à l’attention du public en respectant une technique d’écriture et de diffusion mais aussi une même déontologie du métier. Le journalisme, est l’une des professions dont les origines sont difficiles à dater. Mais, depuis sa naissance, il a traversé énormément d’étapes et de faits marquant son histoire. Les progrès techniques ont, sans doute, donné à cet art de transmettre l’information, ses lettres de noblesse.

La société a besoin d’être informée. Des affiches de propagande pendant la seconde guerre mondiale aux journaux télévisés, l’homme a toujours ressenti ce besoin naturel de savoir ce qui se passe autour de lui. Même si le nombre de journalistes professionnels décroit, la pratique de la profession s’élargit partout dans le monde. Le journalisme est donc l’une des professions du futur et ce pour plusieurs raisons. D’abord, à propos de la démocratie, les médias, ce quatrième pouvoir participe au processus de démocratisation de certains pays. L’affaire du Watergate est le plus célèbre scandale politique de l’histoire des Etats Unis. Ce scandale s’est soldé par la démission du président d’alors Richard Nixon en Août 1974. Cet aboutissement confère un grand prestige au journalisme d’investigation dont Woodward et Bernstein deviennent des symboles, par leur indépendance et leur opiniâtreté à faire tomber des « systèmes ». Signe de cette postérité l’habitude est prise de designer par « -gate » des scandales politiques. Le journalisme a donc longtemps participé à lever le voile sur des sujets sensibles. L’impact positif du numérique aussi sur ce métier n’est pas à négliger. L’outil principal du journaliste a toujours été son carnet d’adresse et son bloc-notes. Une grosse partie du travail s’effectuait au fil des rencontres, par téléphone ou sur le terrain. Aujourd’hui, même si le journaliste travaille plus, il sort moins de la rédaction. Il travaille beaucoup plus avec les réseaux sociaux, il est beaucoup plus connecté. Les sites d’informations deviennent aussi multimédia. Twitter reste probablement l’outil qui a le plus transformé les rédactions. Le réseau social est plus rapide que les agences de presse traditionnelle. Le journalisme a beaucoup changé à l’ère du numérique. Avant, le journaliste ne devait qu’écrire, aujourd’hui on lui demande au minimum de prendre des photos, d’enregistrer des vidéos, d’animer un forum ou un live chat et c’est encore mieux s’il sait faire du Photoshop ou construire un site web. C’est pourquoi les étudiants qui sortent des écoles de formation en journalisme sont suffisamment armés pour affronter ces nouvelles facettes du métier. Au CESTI (Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’Information de Dakar – Sénégal), par exemple, les étudiants y entrent par voie de concours et sont formés entre autres en multimédia. Donc, le journalisme s’adapte à l’évolution du numérique. Alors oui, le journalisme, par sa nature d’informer, sa vocation de raconter, de rapporter les faits tels qu’ils sont, possède tous les outils pour s’imposer comme l’un des métiers qui existeront aussi longtemps que l’homme le sera. Toutefois, on pourrait être tenté de se demander si le journaliste possède aujourd’hui le monopole de l’information. L’accélération de l’information avec les réseaux sociaux expose le journaliste à un danger similaire à un excès de vitesse. Par exemple, depuis Mars 2017, il est possible de faire un live vidéo à partir de son ordinateur, depuis son compte Facebook. Comme quoi, il n’y a pas que la télévision qui peut faire le direct, il n’ y a pas que le journaliste qui peut informer. Il suffit juste d’avoir un compte Facebook ou Twitter avec l’application Periscope et le tour est fait. C’est une application pour smartphone, disponible gratuitement et qui permet à ses utilisateurs de diffuser une vidéo en direct, ou bien de consulter des live de leurs amis ou d’autres utilisateurs. Certains se servent de l’application pour filmer des événements en direct. Un voisin du Bataclan a diffusé en direct ce qu’il voyait da sa fenêtre au moment des attaques terroriste du 13 Novembre 2015 en France. Mais, il y a une différence sur la possibilité de vérifier l’information qui n’est pas soumise aux règles d’éthique et de déontologie du métier. C’est la base de tout journalisme, il faut vérifier les informations reçues au près des sources fiables. Dans les faits c’est parfois la course au buzz et au clic. Pour Marc François Bernier, professeur à la faculté des arts de l’université d’Ottawa, « la vérité, la rigueur et l’exactitude ; l’intégrité, l’équité et l’imputabilité » constituent les « piliers normatif du journalisme » et la « déontologie prescrit des devoirs professionnels qui font l’objet d’un consensus pour un grand nombre de situations ». Selon lui, la déontologie contribue à protéger les journalistes des manœuvres de propagandes, de promotion et de désinformations et les incite à s’en méfier. Donc, cette confiance du public en cette profession demeure infaillible. Le journalisme est aujourd’hui plus que jamais puissant et est prêt à relever tous les défis qui s’imposeront à lui.

 

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