Sénégal, Gouvernance, Médias

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Je crois qu’il est temps de poser sur la table la question de la gouvernance et du fonctionnement des médias dits “publics” ou “d’Etats”.
Il s’agit d’un gros chantier pour les syndicats et associations de journalistes, pour les journalistes eux-mêmes pris individuellement et pour toutes les organisations qui se battent pour un meilleur Sénégal.
Dans ce combat vital pour la profession de journaliste et critique pour l’avenir de la nation sénégalaise, ce serait un leurre de compter sur la classe politique.
On a vu du PS à l’APR en passant par le PDS, que les partis politiques ne sont pas intéressés par des médias de service public mais plutôt par des médias à leur service, et exclusivement.
Ce qui se passe au Soleil et à la RTS aujourd’hui dépasse l’entendement.
Il est donc temps de réfléchir sérieusement aux moyens d’y mettre fin et de tirer la seule vérité qui sied : les politiques ne peuvent être les alliés de la presse, ni dans ce combat ni dans aucun autre d’ailleurs. Il faut arrêter de rêver.
Enfin, ce n’est pas uniquement un combat de journalistes, mais de toutes les forces vives de la société pour récupérer des outils qui leur appartiennent et dire comment ils veulent que ceux-ci soient gouvernés et “opérés” (anglicisme peut-être, sorry).
Une fois cette rude bataille gagnée, il faudra aussi avoir le courage de parler de la presse “privée”, qui chaque jour que Dieu fait perd de son indépendance au profit de forces politiques ou mercantiles, qui ont fini par “marchandiser” l’info, et qui n’ont que très peu de considération pour le métier de “journaliste”.
L’avenir de la profession dans ce pays en dépend.

Page facebook de Hamadou Tidiane Sy