Pour Emmanuel Macron, l’audiovisuel public est “la honte de la République”

0
31
Le chef de l’Etat aurait prononcé cette phrase en marge d’une rencontre avec les députés de la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale.

Emmanuel Macron ne porterait pas l’audiovisuel public dans son coeur. Alors que le gouvernement d’Edouard Philippe planche actuellement sur un véritable big bang le concernant, le président de la République a évoqué lundi ce sujet devant des députés de la majorité LREM selon “L’Express“. Ces derniers appartenaient à la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale, celle qui a notamment la charge de l’audiovisuel public français composé de France Télévisions, Radio France, France Médias Monde, Arte et l’INA.

A en croire l’hebdomadaire, le chef de l’Etat se serait livré à cette occasion à une charge sévère contre les entreprises de l’audiovisuel public, dénonçant leur mauvaise gestion, la médiocrité des contenus qu’elles proposent mais aussi les relations pernicieuses qu’elles entretiennent avec leurs partenaires extérieurs (animateurs, producteurs, etc). Il aurait enfin crucifié ces dernières en affirmant que l’audiovisuel public était “la honte de la République“. Le chef de l’Etat aurait par ailleurs condamné une nouvelle fois le mode de nomination des présidents de ces entreprises par le CSA, un choix de son prédécesseur François Hollande. Emmanuel Macron aurait enfin souligné que la situation de l’audiovisuel public ne pouvait se résumer ni à une question de personnes, ni à une question d’économies. Delphine Ernotte et Matthieu Gallet lui en sauront gré…

 Plutôt discret sur ce dossier de l’audiovisuel public durant sa campagne présidentielle et ses premiers mois de mandat, Emmanuel Macron semble en tout cas désormais désireux de passer à la vitesse supérieure dans ce dossier. Après avoir imposé 80 millions d’économies dès 2018 à l’audiovisuel public, le chef de l’Etat a chargé le gouvernement de plancher sur une réforme en profondeur de celui-ci. Cette dernière pourrait se solder par des suppressions de chaînes, des fermetures de bureaux en région, un regroupement des entreprises au sein d’un seul et unique holding mais aussi une révision de leur gouvernance et du mode de nomination des patrons.

Propositions de campagne

Dans son programme, Emmanuel Macron avait cependant annoncé la couleur. Le programme d’En marche ! affichait notamment sa volonté de rapprocher “les sociétés audiovisuelles publiques pour une plus grande efficacité et une meilleure adéquation entre le périmètre des chaînes et leurs missions de service public“. “Leurs conseils d’administration seront plus indépendants et plus ouverts dans sa composition. Ils seront chargés de designer les dirigeants, après appel public à candidatures“, annonçait ainsi la plateforme. Le futur président de la République avait aussi fait savoir sa volonté d’accélérer la “transformation numérique” de l’audiovisuel public “en concentrant les moyens sur des chaînes moins nombreuses mais pleinement dédiées à leur mission de service public“.

Contacté par puremedias.com, l’Elysée n’a pas retourné nos appels.
Interrogée aujourd’hui sur cette déclaration en marge d’un colloque à l’université Panthéon-Assas, Delphine Ernotte n’a pas souhaité faire de commentaires. “Vous y étiez, vous l’avez entendu“, a-t-elle répondu à la question qui lui était posée, selon notre consoeur Caroline Bonacossa.

www.ozap.com

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here