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Mouvement Hip-Hop ou culture urbaine : Quand les femmes se font une place dans une entreprise domptée par les hommes

La culture urbaine n’est plus l’apanage des hommes. Malgré d’énormes difficultés rencontrées, les femmes sont en train de marquer de leur empreinte cette culture urbaine ou le milieu du hip-hop. Sud Quotidien, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, célébrée ce jour mardi 8 mars, ouvre une large fenêtre sur ces femmes  qui n’ont jamais baissé les bras et continuent de faire preuve de bravoure et d’exemple.

Au Sénégal, les femmes constituent des références dans tous les domaines de la vie. Certaines se font remarquer dans leur façon de gérer leur foyer qui est un aspect très important. D’autres le font dans la vie active de tous les jours. Celles à qui nous décidons de rendre hommage sont ces rares femmes qui s’illustrent dans un milieu qui est jusque-là entièrement dompté par la gente masculine c’est-à-dire le hip-hop. C’est l’exemple de Gacirah Diagne directrice de l’association Kaay Fecc et Maimouna Back Again, animatrice radio. Ces femmes ont en commun le fait, qu’au delà de partager la même passion, elles œuvrent toute pour la promotion de la culture urbaine chez la gente féminine.
«DE HARVARD UNIVERSITY  A VIBE RADIO»
Maimouna Back Again, de son vrai nom Maimouna Dembélé, suscite  la sympathie à la première vue. Dans une atmosphère très décontractée du studio  de la «Vibe radio», elle nous livre les secrets de sa passion pour le hip-hop. «Liberté 5, c’est là que tout a commencé», annonce-t-elle avec un regard remémorant cette période importante de sa vie. «Back» comme l’appelle les intimes, a grandi entre le Sénégal et les Etats-Unis: «mon père nous y amenait  très souvent pour les besoins scolaires». Ce qui explique son excellente inspiration dans langue de William Shakespeare qu’elle articule très bien.
Le virus du hip-hop l’a contaminé «par pur hasard»; un hasard qui, évidemment fait bien les choses. Cette native de la Sicap et ancienne basketteuse de la Sibac fait partie de la première promotion de la prestigieuse école de journalisme ISSIC. Elle avait un «dilemme entre la médecine et la communication». Mais cette dernière l’emporte avec brio. Cette nièce et homonyme de la grande oratrice Maimouna Ndiaye Miles (ancienne journaliste aux Etats-Unis puis au  Sénégal) a hérité de tous les talents de sa tante. «1996 constitue un tournant très important dans ma carrière, d’abord au Mali où j’ai intégré Kaïra Fm. Et l’animation a conquis mon cœur».
Son retour au pays coïncide avec l’ouverture du Groupe Com 7. Elle pose alors ses baluchons à la radio 7 Fm. Faire la promotion du hip-hop a toujours  été son cheval de bataille. D’où son émission intitulée «Blister», qui passait tous les samedis sur la 7 Fm à l’époque. «Je faisais la promotion des jeunes talents juste à partir d’une démo, une maquette… Et, feu Pacotille était le premier rappeur underground que j’ai  invité». D’ailleurs c’est là qu’est né son original pseudonyme  «Maimouna Back Again» qui perdure.
Après un long séjour aux Etats-Unis et faisant références à ses diplômes et à son riche cursus intellectuel, elle intègre le ministère de la Culture, le département de la communication plus précisément. Après quelques temps elle se lasse. Soif de la liberté, elle retourne à son hip-hop. Cette aventure ne sera qu’une brèche pour ouvrir d’autres portes: ITV, TV5.
LA FAMILLE AVANT TOUT, MAIS… 
Mais comme toute femme, la vie devient rose. «Je me suis mariée et j’ai eu des bouts de choux». Donc, évidemment, «m’occuper de ceux-là devient une priorité et je fais un stand by». Et malgré cette décision de se consacrer entièrement  à sa famille, sa forte passion pour le hip-hop survit. Et, c’est cette flamme immortelle «qui m’a fait poser mes bagages à «Vibe Radio». Aujourd’hui, en plus de sa  qualité de journaliste, elle gère une agence de communication, s’occupe des relations publiques, du management en événementiel…
Le rap, «c’est la musique de notre génération», estime-t-elle. La première génération du hip-hop, «ma carte d’identité» car tout a commencé sous ses yeux avec PBS, Daara Ji Family avec Ndongo Ji, Faada Freddy et Lord Aladji Man. Le groupe «Da Brains» est créé sous mes yeux». Maintenant «je reste optimiste» pour la relève, «elle est riche et audacieuse»; juste pour dire qu’«elle a tout pour réussir dans cette entreprise».
«UNE FEMME DANS UN MILIEU D’HOMMES EST TRES DUR, MAIS…»
Cette passionnée de la culture urbaine soutient tout de même qu’«être une femme dans un milieu d’hommes est très dur, mais il faut juste savoir ce que l’on veut et on se fera respecter». Avec un ton plein d’admiration pour  ses «sœurs», elle soutient: «elles ont leur place dans ce milieu et y font de véritables bonnes choses qui méritent d’être dites». Ce qui explique sa sympathie à l’égard de Matador de la structure Africulture urban  et Docta de Dokhondem Squad  qui apportent leur soutien aux femmes de la culture urbaine.
En revanche, elle regrette que l’industrie du hip-hop «tarde à se réaliser» parce que «les acteurs n’ont pas le même dénominateur commun». Pire, «ceux qui doivent s’y atteler, rament à contre vents». Un vrai dommage !
Pour ce qui est de son message aux femmes, Maimouna Dembélé la puise au plus profond d’elle: «allez au bout de votre rêve. A force d’y croire on finit par y arriver. Ne laissez personne vous faire croire que vous n’avez pas le droit de rêver.  Je dis à toutes  never give up».  En somme, lance-t-elle «j’appelle le mouvement hip-hop à s’unir autour de l’essentiel afin parvenir à l’industrialisation» tant souhaitée.
Sudonline

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