dimanche , juillet 23 2017
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Si le PV de gendarmerie n’est plus une bonne source…

Les faits-diversiers sont bien avertis à travers la condamnation, le 21 avril 2016, pour diffamation infligée aux journalistes localiers Vieux Père Ndiaye de Grand-Place et Alassane Hanne de L’Observateur. La condamnation de ces journalistes signifie aux yeux de la justice que le traditionnel procès-verbal de police de même que l’affirmation d’un procureur ne sont plus des informations fiables ! D’avoir informé que le sieur Seydina Alioune Seck, fils de la vedette de la musique, Thione Seck, est visé par un mandat d’arrêt pour une affaire de faux-monnayage a valu aux journalistes et à leurs organes la condamnation à deux mois de prison avec sursis et à payer la somme de 10 millions au plaignant.

Et pourtant, lors du procès des journalistes, le représentant du parquet avait révélé que, sur la base du procès-verbal de la gendarmerie, le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, avait fait ouvrir une information judiciaire contre le nommé Seydina Alioune Seck, sur une affaire de trafic de faux billets. Et sur cette base, le procureur annonça avoir émis un mandat d’arrêt contre lui.

Qu’est-ce qui, dans leur démarche, a valu une condamnation aux journalistes ? C’est si surprenant que l’Ong de défense de la liberté d’expression, Reporters sans frontières, dans un communiqué sur l’affaire, s’en ‘’étonne vivement’’ (sic). Une hébétude bien compréhensible devant la sanction contre une démarche irréprochable de journalistes. ‘’Si un procès-verbal d’enquête de police ou de gendarmerie n’est plus une source sûre pour un journaliste, que deviendra le fait-divers rapporté par des journalistes spécialisés dans ce domaine et bien prisé par bien des lecteurs ?‘’ nous demandions-nous dans ‘’Avis d’inexpert’’ (lire EnQuête n°1413 des samedi 05 et dimanche 06 mars 2016). ‘’Y a-t-il une source plus fiable que la  ‘’main-courante’’, c’est-à-dire ce registre dans lequel sont consignées les enquêtes menées sur des affaires par les gendarmes et les policiers ; et les plaintes de citoyens contre d’autres et, éventuellement, les réponses de ces derniers ?‘’

Par-delà son aspect judiciaire, le procès en diffamation fait par Seydina Alioune Seck, aux journaux L’Observateur et Grand-Place, pose un grave problème de la fiabilité du PV de gendarmerie. Ce procès donc, d’un Seydina Alioune Seck recherché par le procureur pour une affaire de faux-monnayage, pose un problème de fiabilité de la police et de la gendarmerie en tant que sources du fait-diversier. Il est rarement arrivé que cette fiabilité soit prise en défaut ; pourquoi le serait-elle pour le jeune Seck ?

Reporters sans frontières, à travers son Bureau Afrique, soulève les mêmes questions à destination de qui de droit : ‘’L’utilisation d’un procès-verbal de gendarmerie pour une enquête journalistique est-elle en cause ? Si oui, pourquoi le juge n’a pas utilisé cette charge au lieu de retenir la diffamation ? Les incohérences judiciaires du dossier font craindre un recul des droits à l’information…‘’.  ‘’La justice a reconnu la “diffamation” pour des faits qu’elle sait par ailleurs avérés’’, martèle Rsf.

Ce malheureux précédent ne devrait guère compromettre les relations toujours fructueuses entre les faits-diversiers d’une part et la police et la gendarmerie d’autre part ; et même les magistrats, d’autant que la sentence contre Vieux Père Ndiaye et Alassane Hanne ne semble pas avoir pris en compte les affirmations du substitut confirmant avoir lancé un mandat d’arrêt contre celui à qui la justice a donné raison.

C’est assurément un cas d’école sur lequel devront méditer les journalistes, spécialement ceux dont la source principale est les procès-verbaux de police et/ou de gendarmerie.

Post-scriptum : Thione Niang par-ci, le même Thione Niang par-là… Depuis son passage à l’émission Grand-Jury de Rfm et ses piques contre le pouvoir, ce jeune Sénégalais dont on dit qu’il a fait partie du staff de communication de Barak Obama, alors en campagne pour la présidentielle aux Etats-Unis, ce jeune homme à ‘’success story’’  est médiatisé, surmédiatisé, surtout dans les réseaux sociaux. Et tout ce qu’il dit semble avoir valeur de parole d’évangile. Et voilà qu’une voix se fait entendre rompant ainsi ce chœur de convaincus. Cette voix, qui est celle du journaliste et homme d’affaires Adama Gaye, dit en substance : ‘’Ces néo-stars  et autres (…) au Cv ronflant, sans qu’on vérifie leurs vrais états de services, devraient être  soumis à la question, au tamis d’une analyse sans concessions, tout ce qu’on vient nous conter sur des parcours mirifiques… ‘’

Jean Meïssa Diop

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