La pertinence de débats sur notre presse

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Quand la presse sénégalaise tiendra-t-elle ses assises ? La presse française a clos les siennes, hier, 11 mars, à Tours sur le thème ‘’Le prix de l’info’’. La presse francophone a tenu les siennes en novembre 2014 ici même au Sénégal ; des pays africains comme le Togo ont organisé aussi les leurs. Il y a tellement (il y en aura toujours) de choses à dire sur cette profession, sur son environnement, son organisation, son évolution, son rapport aux nouvelles technologies et tant d’autres questions de l’heure à l’image de celles qui ont été en débat lors des assises de Tours qui a compté huit ateliers sur des sous-thèmes comme  ‘’Journalisme ; terrorisme, état d’urgence’’ ; ‘’Concentration, indépendance, secret des sources…

‘’ ; ‘’Quatre chaînes tout info, est-ce trop ? ‘’ ;  ‘’Présentation du 3e Rapport annuel de l’Observatoire de la Déontologie de l’Information présente son 3e rapport annuel’’ ; ‘’l’introduction de drones dans la pratique du journalisme : quelle valeur ajoutée pour l’information’’ ; ‘’Des incubateurs pour les médias ? ‘’ ; ‘’Cop21 (Conférence mondiale sur les changements climatiques), quel bilan éditorial trois mois après ? ‘’ ;  ‘’Sponsoring, native advertising : valoriser son média à tout prix ? ‘’ Rien que des questions très actuelles. Ce n’est donc pas un air du temps, mais une exigence pour une presse qui veut savoir où elle en est. Il n’y a guère, la Télévision Futurs médias avait voulu innover dans la couverture des grands événements en déployant des drones. Mais ces bidules volant équipés d’une caméra seront vite interdits par les autorités du Sénégal pour raisons de sécurité… Et pourtant, ailleurs, cet usage du drone est autorisé.

Des assises de la presse sénégalaise pourraient être l’occasion de débattre de TOUT, de tout ce qui préoccupe comme ce controversé projet de nouveau code de la presse, des intrusions de journalistes dans la publicité, de la formation des journalistes… En quelque sorte, une version géante des ‘’Cas d’école’’ que tient de manière périodique  le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie (Cored), l’organe d’autorégulation de la presse sénégalaise…

De telles échanges pourraient sortir des solutions au blocage à l’étape parlementaire du projet de nouveau code dont on promet et annonce pour  ‘’prochaine’’ le vote par les députés dont le camp majoritaire refuse le vote à cause de la ‘’dépénalisation du délit de presse’’ qui effarouche bien des parlementaires et des individus qui se subodorent déjà victimes possibles.

Ils devraient (pas eux seulement, mais les journalises aussi) bien méditer sur cette réflexion de Joseph Pulitzer, parrain d’une distinction qui est à la presse anglophone ce que le prix Nobel est aux chercheurs, hommes de culture, bâtisseurs de paix à travers le monde. ‘’Notre République et sa presse, estime Pulitzer, graviront ensemble les sommets ou bien elles iront ensemble à leur perte. Une presse compétente, désintéressée, peut protéger cette morale collective de la vertu, sans laquelle un gouvernement populaire n’est qu’une escroquerie et une mascarade’’.

Tenons donc des assises de la presse sénégalaises, parce que les questions de l’heure méritent une réflexion collective et à haute voix. Tout s’est si vite emballé dans ce secteur qui a connu une expansion à la démesure des ressources humaines pour gérer ce boom. C’est-à-dire que ces dernières ne sont pas toujours d’une qualité à pouvoir gérer une rédaction selon des normes d’éthique et de déontologie, professionnelles… Une des conséquences est une floraison d’organes de presse, mais sans des ressources humaines de qualité pour les animer réellement.

Post-Scriptum : Les étudiants seraient-ils les seuls à pouvoir émettre des points de vue pertinents et légitimes sur les violences survenues entre militants socialistes, le 5 mars dernier à la Maison du Parti socialiste ? C’est ce qu’on est tenté de croire en entendant sur Rfm un reportage sur les avis d’étudiants de l’université Cheikh Anta Diop sur les violences inter socialistes. Pendant qu’on y était, on demanderait, peut-être, leurs avis aux apprentis car-rapide, aux pileuses de mil et tutti quanti… et autres communautés sociologiques.

JEAN MEÏSSA DIOP

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