Lettre ouverte à Monsieur Madiambal Diagne du journal le Quotidien.

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« Renoncer à sa liberté, c’est renoncer à sa qualité d’homme » Rousseau.

Je dois dire d’emblée que je ressens un grand déplaisir à écrire sur un homme que je suis depuis quelques années. J’ai toujours eu l’occasion de lire toutes ses chroniques, même du temps des années  de braise du pouvoir de Wade. J’ai eu à partager beaucoup de ses analyses sur les dérives de l’ancien régime libéral  et sur certains un désaccord profond à cause de leur légèreté voire d’une volonté manifeste de nuire. J’ai longtemps hésité à parler de lui sous cette forme directe, mais ses dernières sorties m’ont poussées à mettre entre parenthèses mon apathie à son égard et de dire tout le gêne que j’éprouve par rapport à son éloignement de la déontologie journalistique.

Nul ne peut vous reprocher vos convictions politiques du moment et votre amitié avec son excellence le président Macky Sall. Mais là où les citoyens sénégalais ont du mal à vous suivre, c’est lorsque vous décidez d’emprunter le langage ordurier de certains politiciens pour fouiller dans les décombres afin de salir la réputation d’adversaires politiques. En votre qualité d’administrateur d’un quotidien national, il est à la fois plus préférable et plus juste d’observer un regard critique voire objectif sur les affaires de la République , de se tenir à  équidistance des chapelles politiques que de montrer un parti pris manifeste pour le camp présidentiel. Vous le savez sans doute mieux que moi que le journaliste ne doit sa renommée qu’à travers son indépendance d’esprit, sa liberté de se ranger du côté du peuple et de traquer l’Etat voire toutes les autorités à veiller à  la défense du bien public et des plus faibles de la nation. La liberté n’est jamais donnée. Elle se conquiert et se défend  de haute lutte en tous lieux et en toutes circonstances. Les autorités étatiques souffrent au plus profond de leur chair de la liberté revendiquée et assumée par n’importe quel citoyen à fortiori du journaliste. Le journaliste a l’obligation morale de refuser toutes sortes de compromission. Certains penseront que la situation difficile de la presse sénégalaise peut justifier cette attitude  de beaucoup de rédactions à aliéner leur indépendance au bénéfice de privilèges. Le philosophe grec Epictète nous a enseigné que : « La servitude la plus indigne, c’est la servitude volontaire( au profit d’une autorité pour des privilèges, c’est moi qui souligne) ». Nous estimons que le journalisme se suffit à lui-même. Le peuple malgré ses privations sait reconnaître quelle rédaction œuvre pour le bien être des populations et de leur émancipation. Le journaliste doit être cet empêcheur de tourner en rond et celui qui trouble le sommeil des gouvernants. Il a un rôle d’alerte. Le rôle du journaliste n’est pas d’être pour ou contre le pouvoir, il est du côté  de la Vérité. Vos visites du palais présidentiel  ne doivent pas vous éloigner des chemins de la liberté. Accéder aux confidences du président de la République doit être un honneur à mériter et non à divulguer sur la place publique. Connaître des affaires de la nation ou des citoyens ne doit être en aucune  manière un moyen de pression ou de chantage. Être le confident d’un autre est une tâche délicate que seuls des hommes d’une haute probité morale peuvent satisfaire. Le président de la République Macky Sall ne doit pas tout partager avec ses conseillers surtout lorsqu’il s’agit d’affaires privées  de ses concitoyens. C’est là la grandeur d’un homme d’Etat. Si toutefois monsieur Madiambal  Diagne est nommé conseiller en communication ou chargé de mission, les autorités ont un devoir de vérité à l’encontre des sénégalais. Nous avons le droit de savoir quelle fonction monsieur Diagne occupe dans la République. En effet, il ne peut pas se prévaloir  simultanément du rôle  de journaliste en activité et de conseiller à la présidence de la République. C’est en porte à faux avec l’éthique. En république,  toutes les suspicions sur les fonctions des uns et des autres doivent être évitées, à défaut nous nous retrouvons dans un mélange  des genres inacceptable. Si monsieur Madiambal Diagne revêt maintenant le costume de politicien aperiste, il doit avoir le courage de descendre dans l’arène politique à armes égales avec les opposants. On ne peut pas se réfugier derrière le journaliste et attaquer en toute impunité  des citoyens en se prévalant  de l’exercice de sa fonction. Tout ce que je demande à monsieur Madiambal Diagne  est de retrouver sa liberté vis-à-vis du pouvoir s’il n’est pas trop tard et de porter un regard objectif sur la marche de la nation. A défaut,  je lui demanderai de méditer  sur l’exemple donné  par voltaire dans un dialogue de son Dictionnaire philosophique à propos du peureux portugais Medroso et de l’esprit fort britannique incarné par Boldmind. Ce dernier invite le portugais à  réfléchir sur sa condition afin de pouvoir jouir de sa liberté d’homme. Medroso  se satisfaisant de sa position de dominé  dans la hiérarchie sociale, refuse de se libérer  de ses chaînes qui entravent sa liberté pour exercer pleinement ses prérogatives de citoyen et d’homme libre.

Medroso : « Mais si, je me trouve bien aux galères ». Dans notre cas de figure « aux galères » peut correspondre aux délices ou privilèges du pouvoir.

Boldmind : « En ce cas, vous méritez d’y être ».

Celui qui accepte d’aliéner sa liberté pour vivre en sécurité ( avoir des entrées et des sorties au palais de la République ou de participer au banquet des affairistes) est un lâche qui ne mérite pas un meilleur sort.

Je continuerai à lire les lundis de monsieur Madiambal Diagne pour connaître des desiderata  du président Macky Sall puisque notre homme nous apprend beaucoup sur les sujets ( questions d’actualité, états d’âme) qui préoccupent le locataire du palais présidentiel et tiennent en haleine le peuple.

La morale de cette tragédie que j’apprends à mes dépends, est qu’il ne faut jamais idéaliser les hommes et tout compte fait on doit juste les apprécier ou leur faire confiance en fonction de leur conduite selon les bonnes mœurs et l’éthique. Toutes autre modalité d’appréciation de la conduite des citoyens est superfétatoire.

Nb : Cette contribution ne se limite pas seulement à monsieur Madiambal Diagne. Elle s’adresse aussi à tous ceux qui font légion et se livrent à des intrigues ( la presse des 100 ), des invectives ( des laudateurs et des courtisans ) et méchancetés ( des politiciens en fin de carrière ou en manque réel de vision politique) pour le seul but de faire plaisir à une autorité ou personnage politique influent. L’honneur d’un homme ou d’une femme ne se marchande pas, ni ne monnaie.

massambandiaye2012@gmail.

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