CONSEQUENCE DE LA CARICATURE DE SERIGNE TOUBA : Dakar n’est pas Jeune Afrique cette semaine

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La tension provoquée par la caricature de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké par le magazine panafricain Jeune Afrique est toujours palpable à Dakar. Après les multiples réactions, insultes et menaces à l’endroit du groupe de presse de Bachir Ben Yahmed, sa parution de cette semaine est plus que difficile à trouver dans les artères de la capitale sénégalaise.

Il est 13 heures au niveau du boulevard de la République en plein centre-ville. D’habitude, les kiosques des vendeurs de journaux logeant cet axe de Dakar sont remplis d’exemplaires de l’hebdomadaire panafricain, créé en 1960, par l’ancien ministre de la Communication tunisien Bachir Ben Yahmed. Mais la situation est toute autre en cette première semaine qui a suivi la polémique créée par la caricature de Serigne Touba par Jeune Afrique.

Nous commençons notre «chasse» dans les kiosques de journaux sur cette voie qui mène au palais de la République. Premier kiosque, première réponse : «non, nous n’avons pas Jeune Afrique cette semaine», nous répond le vendeur. Puis, un deuxième, puis un troisième et un quatrième, mais la réponse ne change pas. Les vendeurs de journaux sont unanimes : le Jeune Afrique de cette semaine n’est pas facile à vendre.

Nous continuons notre chemin et enfin nous trouvons le journal chez un vendeur qui veut bien répondre à nos questions. Il s’appelle MOR NDIAYE. Son kiosque est situé derrière le bâtiment qui abrite la direction de la communication. Dans une ambiance malmenée par les bruits des moteurs des voitures, MOR explique pourquoi le Jeune Afrique de cette semaine est difficile à trouver. Sa déclaration est bien la preuve que les vendeurs de journaux ne veulent pas du petit frère d’Afrique Action (Premier nom de Jeune Afrique).

En effet, à en croire cet homme d’une quarantaine d’années qui  exerce ce métier depuis plus d’une dizaine d’années, la vente de ce journal n’a jamais été aussi mauvaise depuis qu’il est dans la profession. «La vente ne se passe pas comme les semaines passées. D’habitude à pareille heure de la journée, il ne me restait plus un seul exemplaire mais cette fois la situation est grave. Parce que déjà le stock que j’ai reçu est beaucoup moins important que ce que je recevais mais j’ai un réel problème pour l’écouler. Je pense que cela est dû à la polémique suite à la caricature de Serigne Touba par Jeune Afrique», a indiqué le vendeur.

Qui poursuit pour révéler que ses clients lui ont demandé de ne pas vendre la parution du journal de cette semaine. Et comme pour confirmer les allégations de MOR, alors que nous étions en pleine interview, un homme d’une trentaine d’années interrompe notre discussion, pour acheter un journal. LAMINE est tout aussi contre la vente de ce journal au Sénégal. Et même s’il n’a pas souhaité nous parler, il a tout de même lancé à son ami vendeur de  journaux qu’«il est irresponsable pour un bon mouride ou tout simplement un Sénégalais de vendre ou d’acheter ce journal».

La rédaction de Jeune Afrique que nous avons joint par courriel pour connaître le nombre de journaux envoyés aux lecteurs sénégalais n’a pas donné de réponse à nos nombreuses sollicitations.

Source: Jotay.net

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