Caricature de Serigne Touba par Jeune Afrique : « Ce genre de bévues était prévisible », selon Adama Gaye, ancien reporter du magazine

0
282

En plus d’être un ancien reporter du journal, Adama Gaye qui était aussi conseiller du Pdg de Jeune Afrique a donné son avis sur cette affaire dans un entretien avec le journal l’As. Il donne la solution pour éviter une telle chose dans l’avenir tout en demandant le pardon à une condition…

« (…). L’héritage de Serigne Bamba fait partie intégrante du capital social et des valeurs intangibles les plus solides du Sénégal. C’est en cela que « Jeune Afrique » a lourdement péché. Il a fait preuve d’un laxisme inacceptable. Pour un hebdomadaire qui se prétend dépositaire d’une connaissance des réalités africaines, comment a-t-il, à ce point, autant manqué de tact en faisant surtout preuve d’une ignorance banalisant les normes d’altérité essentielles dans ce monde qui vit plus un choc des religions que celui des civilisations promis par Samuel Hunttington ».

« En tant qu’ancien reporter et conseiller du Pdg de Jeune Afrique, je vois, cependant que ce genre de bévues était prévisible. Car travaillent dans ce journal certains individus, hommes et femmes, dont la connaissance de l’Afrique n’est pas solide ou qui sont parfois influencés par des idéologies et anti valeurs qui ne peuvent qu’être nuisibles dans un rapport avec les sociétés africaines. S’il veut comprendre et écrire sur les sociétés africaines contemporaines, Jeune Afrique doit s’ouvrir davantage à des plumes et responsables subsahariens. Il lui faut dépasser ses relations trop étroites avec les pouvoirs officiels pour être un peu plus en phase avec la société africaine en mutation certes mais qui reste solidement ancrée sur certains fondamentaux ».

Sur  l’interdiction de la vente du magazine au Sénégal, Adama Gaye soutient qu’ « on ne doit pas répondre au coup de l’âne en agissant à sa manière. La liberté d’expression, consacrée par notre vécu et nos textes fondamentaux, doit-être préservée. Il ne faut pas que certains activistes ou politicards, mus par d’autres intérêts, détournent la colère légitime des vrais mourides. C’est à ce prix que le message fort envoyé à Jeune Afrique sera mieux compris par ses responsables. Afin qu’ils sachent qu’il y a des lignes rouges à ne pas, à ne plus franchir. Après ce malheureux épisode, j’espère que jeune Afrique comprendra mieux maintenant que liberté ne rime pas avec irresponsabilité ou licence de faire n’importe quoi, en particulier de heurter les convictions d’autrui ».

Mais il demande le pardon car «  la capacité de pardon est au cœur des enseignements de Serigne Touba. A une condition que Jeune Afrique et ceux qui pensent pouvoir traiter avec insolence les valeurs des autres se ressaisissent  pour ne plus permettre à quelque obscur dessinateur ou rédacteur de faire du n’importe quoi ».

LAISSER UNE RÉPONSE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici