DES PATRONS DES MÉDIAS RÉCLAMENT LA RÉGULATION DU MARCHÉ DE LA PUBLICITÉ

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Des journalistes, chefs d’entreprises des médias, ont déploré mercredi l’absence d’une structure nationale chargée de la régulation du marché de la publicité au Sénégal.

 “L’Etat, les médias et les supports de communication perdent beaucoup d’argent à cause de l’absence d’un code de la publicité “, a signalé Cheikh Thiam, le directeur général du quotidien Le Soleil, en intervenant à la troisième rencontre d’une série dénommée “Cas d’école”, à l’initiative du Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie (CORED).
“Aujourd’hui, a-t-il relevé, personne ne peut donner le chiffre d’affaires du marché de la publicité au Sénégal. Certains disent que c’est dix milliards de francs CFA par an. D’autres disent que c’est 30 milliards.”
“Quel est le nombre d’emplois créés dans ce secteur ? Quel est la part de la publicité dans l’économie nationale ?” s’est demandé Cheikh Thiam, l’un des quatre panélistes, économiste de formation et ancien chef du service Economie du journal Le Soleil.
Selon lui, la loi qui réglemente la publicité au Sénégal date de 1983. “Cette loi, qui existe depuis 33 ans, n’a pas été réadaptée au contexte actuel. Le monde de la publicité a évolué. Internet a fait son apparition en 1996, dans ce pays. Il n’est pas pris en compte par ce texte. Il y a toutes les dérives dans le domaine de la publicité, à cause de l’absence d’un code” dédié au secteur, a analysé Cheikh Thiam.
“Ces dernières années, nous nous sommes battus pour concevoir un code de la presse, mais cela ne suffit pas. Il nous faut un code de la publicité”, a-t-il réclamé lors du “Cas d’école” de ce mercredi, sur le thème : “Le journalisme et la publicité”.
Selon le directeur général du Soleil, quatre pays de la sous-région ouest-africaine disposent actuellement d’un code de la publicité, ce que doit faire le Sénégal aussi.
Le journaliste Mamadou Ibra Kane, directeur général du Groupe futurs médias (GFM), estime pour sa part que la séparation entre l’information journalistique et la publicité permettrait aux médias sénégalais de renforcer leur “crédibilité” et de respecter davantage les règles éthiques du métier de journaliste.
“Dans une entreprise de presse, il y a deux mamelles, que sont l’information et la publicité. Et chacune des mamelles a son importance”, a souligné Kane, l’un des animateurs du “Cas d’école”.
“Par le fait de diffuser une information, on peut gagner de la notoriété, pas de l’argent. C’est avec la publicité que l’on gagne de l’argent. La publicité doit être organisée”, a-t-il ajouté, en réclamant, comme Cheikh Thiam, “la régulation du marché de la publicité”.

Source: Aps

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