Les blocages de l’émergence d’une presse locale

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Le journal WALFQUOTIDIEN nous propose depuis le lancement de sa nouvelle version de bons reportages et dossiers. C’est le cas dans sa livraison de ce mardi 26 janvier avec un dossier consacré aux blocages de l’existence de journaux dans les régions. Dans ce jet, la situation à Ziguinchor, Thiès, Mbour, Saint-Louis et Tambacounda, est exposée. Dans toutes ces localités, les initiatives sont bloquées par une seule chose, le manque de moyens surtout financiers face à des annonceurs qui ne comprennent pas les enjeux d’un journal local.

Presse d’opinion…

Dans l’histoire de cette presse régionale, notre confrère  parle des journaux de combat. C’est le cas de l’initiative en 1970 de feu Emile Badiane qui sort le journal d’informations régionales baptisé Moorom qui répondait à des préoccupations politiques. « Basé à la maison du parti à l’époque Ups avant de devenir le Ps à Bignona, Moroom passait le plus gros du temps à faire un focus sur la vie du parti. (…). Moorom ne survivra hélas pas à la disparition de son créateur Emile Badiane, décédé en 1972». Dans la même veine, WALFQUOTIDIEN informe aussi de l’existence il y a de cela deux décennies du journal « Kaddu Guedj gui », un mensuel de la  LD/Mpt, un journal qui était très acheté. A Ziguinchor on rapporte aussi la naissance du journal, Kamano (riz en langue diola). Le journal qui a disparu aussi avait pour ambition de faire connaître aux fidèles la vie du Diocèse.

Quelques résistants…

Dans la presse d’informations générales, on peut citer pour Ziguinchor, le journal, l’Aurore du Sud qui voit le jour en 1996. Il a la particularité de « se refugier à Dakar pour survivre. « La rédaction est à Ziguinchor mais le travail technique et commercial se fait à Dakar ». Un autre projet qui résiste aux difficultés, c’est Alkuma (la voix du Sénégal Oriental), le seul journal (mensuel) de Tambacounda. Un journal né en 2011 à Dakar avant de se déplacé en 2013 à Tambacounda. Selon son fondateur, Maké Dagnokho, ancien journaliste au SOLEIL, il résiste en proposant des publi-reportages, en multipliant les partenaires pour respecter la prise en charge de ses 7 agents dont deux journalistes.

A Thiès…

Pour ces journaux d’informations générales il y a plusieurs initiatives qui ont connu des échecs. A Thiès on peut citer Thiès Info (hebdomadaire) né en 1996 sur initiative d’un ancien journaliste du SOLEIL, Mansour Niang. D’autres initiatives vont suivre, la Dépêche de Ben Bareck Diagne, un ex-agent de la Lonase et Thiès Tribune de Malick Gaye, un jeune responsable du parti socialiste. Des journaux qui vont vivre deux à trois ans avant de disparaître. Il faudra attendre fin 2001 pour assister à la naissance du journal Dekk bi (la cité) du journaliste El Malick Seck. Un journal qui était tiré à Dakar avec un tirage qui avoisinait les 30.000 exemplaires. Au-delà des difficultés économiques, le différend entre l’ancien Premier ministre, maire de Thiès et le pouvoir ont eu des répercussions sur  le journal avec « la proximité vraie ou fausse du directeur de publication El Malick Seck avec Idrissa Seck ». Le matériel du journal a été saisi à la suite d’une plainte pour diffamation et l’impossibilité du journal de payer l’amende. C’est la mort du journal trois ans après sa naissance. Après Dekk bi, l’écrivain Moustapha Ndéné Ndiaye lance l’hebdomadaire la Cité, un projet mort-né. Depuis aucune initiative dans ce sens.

A Mbour…

Dans la capitale de la petite côte aussi on a assisté à plusieurs initiatives. Le conseiller municipal et officier d’état civil, Magatte Diop à la mairie de Mbour a lancé en 1988, il était à l’époque deuxième vice-président du Stade de Mbour  en charge de l’organisation et de la culture. Le journal s’appelait Demba le stadiste en souvenance à l’ancien député Demba Diop. Quand il est devenu conseiller municipal il lança un autre journal pour relayer les activités de la municipalité. Par la suite des professionnels de l’information ont pris le relais. Aboubakry Kane, correspondant de Direct Info dans la zone a lancé avec son frère le journal Mbour Infos en 1993. Mountaga Kane s’engage aussi dans le combat en lançant le journal Racines en 2011. Après quelques parutions c’est aussi l’arrêt mais il promet de relancer ce journal. En 2011 des jeunes montent Groupe Mbour Média lancent Mbour Infos qui est aussi à l’arrêt après un an d’existence.

Saint-Louis…

Ici on rappelle l’existence des journaux : L’éco de la vallée et Saint-Louis Infos. Dans la vieille ville au-delà des moyens dont souffre toute la presse régionale on parle « de la présence de correspondants de presque tous les grands organes de la presse nationale qui remontent les informations à temps ».

 

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